Journal · Guadeloupe
Blocages en Guadeloupe : ce qu’un commerce dit à ses clients cette semaine
Publié le 26 octobre 2026 · 6 min de lecture · Par Jéruel Isimat-Mirin
Depuis le 14 octobre, le collectif Nou Las Palé tient des barrages un peu partout en Guadeloupe. Ce lundi 26 octobre au matin, la préfecture décrit des routes dégagées sur tout le département, mais un barrage reste en place à Moudong Nord. Chez Blind Studio, studio de création installé en Guadeloupe, on ne tranche pas ici sur les revendications. On regarde une question plus terre à terre : qu’est-ce qu’un commerce dit à ses clients quand personne ne sait si la route sera ouverte demain ? La réponse tient en dix minutes, un peu comme pendant la panne Orange.

Où on en est ce lundi
Le mouvement a commencé le 14 octobre. Ses revendications portent sur les charges sociales et fiscales, le prix des carburants, l’eau et les sargasses. La zone de Jarry, à Baie-Mahault, a été paralysée plusieurs jours. Dans la nuit du 17 au 18 octobre, une dizaine de magasins ont été ravagés par des casseurs, selon Guadeloupe La 1ère. Le supermarché Hibiscus, aux Abymes, a été pillé.
Le vendredi 23, le préfet a réuni les représentants des entreprises à la CCI, à Pointe-à-Pitre. Une rencontre avec le collectif, prévue le dimanche 25, n’a pas eu lieu, et chacun en rejette la faute sur l’autre. Lundi matin, plus de violences signalées dans la nuit, quelques pneus brûlés vite dégagés au Gosier et à Sainte-Anne, et une seule voie ouverte à Moudong Nord.
Tout ça tombe sur une consommation déjà fragile. L’IEDOM notait en septembre que le niveau élevé des prix freine la dépense des ménages.
Ce que le client se demande vraiment
Votre client ne vous demande pas votre avis sur le mouvement. Il veut savoir si vous êtes ouvert, à quelle heure, s’il peut se garer, si vous livrez encore, si la commande passée la semaine dernière arrivera. Des questions pratiques, qui changent d’un jour à l’autre.
C’est là que beaucoup de commerces se taisent. Ils attendent d’y voir clair, et pendant ce temps le client appelle, tombe sur une porte fermée, ou va chez celui qui a répondu. Une phrase datée vaut mieux que le silence, même si elle dit seulement « on ne sait pas encore pour demain ».
Les trois endroits où il regarde
D’abord la fiche Google, celle qui s’affiche quand on tape le nom du magasin. On peut y entrer des horaires exceptionnels, jour par jour, sans toucher aux horaires habituels. Beaucoup de gens la consultent avant de prendre la voiture, et s’il y a écrit « ouvert » alors que le rideau est baissé, c’est vous qu’on accuse.
Ensuite le statut WhatsApp ou la story Instagram du matin, publiée avant 8 h. C’est là que vos habitués vous suivent vraiment. Enfin la porte : une feuille scotchée, lisible depuis le trottoir, pour ceux qui passent quand même.
Informer, pas trancher
Le ton compte autant que l’info. Un message de commerce n’est pas une tribune, surtout quand vos clients sont des deux côtés du barrage. On évite les slogans, l’humour et les « on reste debout ». On écrit ce qui est vrai, à l’heure où on l’écrit.
Un modèle tient en deux lignes : « Lundi 26 octobre, 7 h 30 : on ouvre de 9 h à 16 h. Accès par la rue de derrière, parking libre. » Le lendemain, on remplace, on ne rajoute pas. Une info périmée qui traîne en haut de la page fait plus de tort qu’une page vide.
Si votre magasin a été touché
Les services de l’État ont détaillé le 23 octobre ce qui existe pour les entreprises sinistrées :
- le chômage partiel, sans reste à charge pour les entreprises de moins de 250 salariés ;
- un report des cotisations patronales jusqu’à douze mois, à demander à la CGSS et à l’Urssaf ;
- un étalement des impôts sans majoration, auprès de la DRFiP (les impôts) ;
- un prêt à taux zéro de Bpifrance, la banque publique des entreprises, jusqu’à 50 000 € sur trois ans ;
- jusqu’à 1 500 € du fonds de solidarité de la Chambre de métiers.
Côté assurance, le délai pour déclarer un sinistre est porté à 30 jours, et il faut d’abord déposer plainte : le récépissé est demandé par l’assureur. Attention aux franchises et aux plafonds de garantie, qui réduisent souvent l’indemnisation. La CCI a ouvert une cellule au 0690 266 966.
À faire cette semaine
Ce soir, tapez le nom de votre commerce dans Google sur votre téléphone, touchez « Modifier le profil », puis la rubrique des horaires, et entrez des horaires exceptionnels pour les sept jours qui viennent. Écrivez la même chose sur une feuille A4, en gros, avec la date et l’heure, et collez-la sur la porte. Demain matin, vérifiez les deux avant d’ouvrir.
Et chez Blind Studio ?
Écrire clair quand tout le monde est inquiet fait partie de notre travail de conception-rédaction. Pour la SEMAAG, le portail SEMAAG & Moi explique aux locataires, pas à pas, ce qu’ils doivent faire et où. Nous suivons aussi la Route du Rhum, de son affiche aux arrivées, qui part dimanche. Pour préparer vos messages de la semaine, fiche Google, story et affichette, écrivez-nous.
Sources
- Mobilisation du collectif Nou Las Palé : quelques barrages signalés dans la nuit, mais pas de perturbations majeures ce lundi matin, Guadeloupe La 1ère, 26 octobre 2026
- Réunion manquée avec le préfet : Nou Las Palé accuse les autorités de "renverser les responsabilités", Guadeloupe La 1ère, 26 octobre 2026
- Tensions en Guadeloupe : "C’est tous ensemble que nous devons apporter des solutions", plaident les acteurs économiques, Guadeloupe La 1ère, 24 octobre 2026
- Guadeloupe : quelles aides pour les entreprises sinistrées après les dégradations ?, Guadeloupe La 1ère, 23 octobre 2026
- Pillages de commerces : franchises et plafond de garantie des contrats d’assurance limitent les indemnisations, Guadeloupe La 1ère, 22 octobre 2026
- Tendances conjoncturelles, 2ᵉ trimestre 2026, IEDOM Guadeloupe, septembre 2026
- BLOCAGE DE JARRY - POINT D’INFORMATIONS du 14 Octobre 2026, Canal 10, YouTube