Journal · Décryptage

Banque Populaire montre ceux qui restent à quai

Publié le 28 octobre 2026 · 5 min de lecture · Par Jéruel Isimat-Mirin

La Route du Rhum part de Saint-Malo dimanche 1ᵉʳ novembre et Banque Populaire passe à la télé la veille, avec un film qui ne met presque pas en avant son skipper. « Le souffle du collectif », signé par l’agence LAFOURMI, montre plutôt les gens qui ont construit et préparé le bateau. Chez Blind Studio, studio de création qui fabrique des campagnes pour des marques qui vivent de leur réseau, on regarde comment ce renversement tient en trente secondes. Puis ce qu’un commerce peut en tirer pour les arrivées à Pointe-à-Pitre.

Armel Le Cléac’h en ciré jaune, à la barre dans le cockpit blanc du Maxi Banque Populaire XI, sous un ciel bleu vu à travers les hublots
Armel Le Cléac’h dans le cockpit du Maxi Banque Populaire XI, une des rares images du skipper dans le film · Image : Banque Populaire, LAFOURMI

Un film sans comédiens

Armel Le Cléac’h prend dimanche le départ de sa huitième Route du Rhum, à bord du Maxi Banque Populaire XI. La course se court seul. La publicité de voile aime raconter cette solitude : l’homme, la mer, la nuit. Banque Populaire prend le chemin inverse.

Le film, réalisé par Pavle Savic pour la production Widen, n’emploie aucun comédien. Ce sont les membres du Team Banque Populaire qu’on voit à terre, dans leurs gestes de travail. Le fil conducteur est le souffle, celui du vent dans les voiles et celui des gens qui poussent le projet. La phrase de signature dit tout : « Pour se lancer en solitaire, c’est toujours mieux d’être à plusieurs. »

Le film de 30 secondes, mis sur la chaîne YouTube de l’agence LAFOURMI le 22 octobre 2026 · Voir sur YouTube

150 entreprises derrière un seul nom

Le chiffre que la banque met en avant, c’est 150. Autant d’entreprises et d’artisans français travaillent sur le bateau, à côté des ingénieurs et des techniciens de l’équipe. Pour une banque qui parle d’abord aux entrepreneurs, le parallèle est direct. Le skipper ressemble au patron qui signe seul, alors qu’un fournisseur, un comptable et un voisin d’atelier ont rendu la chose possible.

C’est là que l’idée est forte. Elle ne change rien au produit, elle change qui on regarde. Le spectateur s’attend au héros et il découvre la foule qui le porte.

Un plan média qui suit la course

D’après CB News, le film circule depuis le 19 octobre sur les réseaux sociaux et en vidéo en ligne. L’agence l’a ensuite mis sur sa propre chaîne YouTube le 22 octobre. Il passe à la télévision le 31 octobre et le 1ᵉʳ novembre sur TF1, France Télévisions et M6, au moment où le public regarde le départ. La campagne passe aussi dans la presse écrite : 55 journaux régionaux, Le Parisien et L’Équipe, selon le même article.

Le réseau d’agences prend le relais avec les vitrines, les écrans et jusqu’aux distributeurs de billets. Des créateurs de contenus, dont Yvan Casta et Bruno Maltor, couvrent le village de Saint-Malo, avec des directs et des jeux-concours sur les comptes de l’équipe. Chaque support raconte un morceau de l’histoire, à son moment.

Et pour un commerce aux arrivées ?

Les premiers bateaux sont attendus à Pointe-à-Pitre à partir de la mi-novembre et les arrivées s’étalent jusqu’à début décembre. Les commerces qui veulent profiter de la course ont souvent un réflexe : mettre leur enseigne au centre. Le film de Banque Populaire montre une autre voie, plus sympathique et plus crédible.

Un restaurant n’est pas seulement son chef. Il y a le pêcheur de Saint-François, la maraîchère du marché, la personne qui fait la plonge à minuit. Les montrer, avec leur prénom et leur vrai métier, raconte la même chose que le film : on arrive rarement seul. Et pour un visiteur qui débarque après trois semaines de mer, l’accueil d’une équipe parle davantage qu’un logo.

Ce que le film ne dit pas

Le film reste une publicité de sponsor, tournée pour une banque nationale. Nous avons lu les trois articles qui détaillent la campagne (CB News le 22 octobre, J’ai un pote dans la com le 23, Packshotmag le 28) : aucun ne mentionne de déclinaison en Guadeloupe, alors que la course y arrive. C’est une place laissée libre : les marques d’ici peuvent la prendre sans budget télé, avec un téléphone et des gens qu’elles connaissent.

À faire cette semaine

Photographiez les mains de trois personnes sans qui votre produit n’existerait pas : un fournisseur, un livreur, quelqu’un de l’équipe. Publiez la série avec leur prénom et une phrase sur ce qu’ils font, puis gardez-la pour la semaine des arrivées.

Et chez Blind Studio ?

Pour le Grand Prix de Voile du Nord Basse-Terre, nous avons raconté la voile traditionnelle comme un patrimoine vivant, avec les gens qui la font. Nous avons aussi décrypté l’affiche de la Route du Rhum 2026 et le calendrier des arrivées. Si vous voulez une série de portraits d’équipe prête pour les arrivées, en vitrine et en stories, écrivez-nous : nous vous répondons avec un plan de prise de vue.

Sources